Comment vivre une sexualité plus épanouie

Faut-il exceller dans l’art de la fellation, identifier le point G ou apprendre à faire l’amour en se laissant aller ? Le sexologue et thérapeute de couple Gérard Leleu, auteur de « L’art de bien faire l’amour », a accepté de partager ses recommandations pour accéder à une vie sexuelle plus riche et plus satisfaisante.

Éveillez votre sensualité

Pour se sentir libre et détendue sous la couette, la masturbation est un excellent point de départ. Pour Gérard Leleu, c’est une base incontournable : « il est primordial que la femme apprenne à se connaître, tant sur le plan anatomique que physiologique, qu’elle explore son sexe par le regard et le toucher : le capuchon, le clitoris, les petites et grandes lèvres… ».

L’autoérotisme aide à mieux comprendre son corps et à apprivoiser le plaisir. « La femme doit s’éveiller par elle-même. Si le plaisir clitoridien est souvent rapide, le vagin, que j’appelle “la belle au bois dormant”, demande un véritable apprentissage. La méthode traditionnelle consiste à demander l’aide d’un “prince charmant”, mais bien souvent, il s’y prend mal et se contente de va-et-vient. Les sextoys peuvent être utiles, car le doigt seul n’est pas toujours suffisant », explique-t-il.

Comment procéder ? « En combinant des stimulations clitoridiennes afin de conditionner le plaisir, qui va ensuite se diffuser vers le vagin ». Selon le sexologue, « identifier les zones érogènes vulvaires ou vaginales permet ensuite de guider son partenaire et de lui transmettre ce qui procure du plaisir ».

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Comment faire l’amour ? Apprenez à guider votre partenaire

Un nouveau partenaire dans votre vie ? N’hésitez pas à lui montrer ce qui vous fait du bien. « Personne ne peut deviner ce que vous ressentez. Il faut donc orienter l’autre », rappelle Gérard Leleu. Caresses, préliminaires, positions : la communication est essentielle, mais doit rester légère.

« Inutile de faire un cours magistral ; préférez des indications simples et précises comme : “un peu plus à gauche”, “plus haut”, “plus doux” ou “plus intense” ». Des phrases courtes, sans reproche, évitent que l’autre ne se braque. Misez sur la subtilité avec des formulations du type : « j’adore ce que tu fais, ce serait encore mieux si… ».

Lâchez prise

Pour l’auteur de « L’art de bien faire l’amour », c’est une certitude : « si le corps est tendu, le plaisir ne passe pas. Se donner est toujours un défi, et on ne se livre vraiment que si l’on s’aime. Pourtant, même les plus belles femmes ont des complexes ».

Apprendre à se détendre est donc essentiel. Si la sexualité est vécue comme une performance sportive, l’érotisme aura du mal à s’installer. Pour favoriser le relâchement, concentrez-vous sur les sensations et sur les caresses : rien n’apaise autant.

La respiration peut aussi aider : « inspirez profondément par le nez en gonflant le ventre, retenez l’air, puis expirez lentement. C’est ce que l’on appelle la respiration en quatre temps », conseille le médecin.

Ne faites pas de l’orgasme une obsession

Et si c’était justement en cessant de le chercher qu’il survenait ? Gérard Leleu le rappelle souvent : « être focalisée sur l’orgasme est le meilleur moyen de le faire fuir. La femme subit une véritable pression autour de l’orgasme, il faut relativiser ».

« Ce que l’on doit attendre d’un moment intime, c’est avant tout la tendresse, le contact et le plaisir partagé. Si l’orgasme arrive, tant mieux. Sinon, cela ne signifie pas que l’on est anormale : chez la femme, rien n’est automatique ».

Et lorsque le partenaire demande frontalement : « alors, tu as joui ? », faut-il simuler ? Le sexologue nuance : « simuler peut rassurer l’homme, mais c’est aussi bloquer toute possibilité d’évolution et se couper du vrai plaisir ». Difficile en effet de progresser si l’autre se croit déjà expert.

Initiez-le à la caresse clitoridienne

Pour une sexualité épanouie, il est indispensable de montrer à son partenaire où se situe le clitoris et comment le stimuler. « C’est un travail de précision, presque de joaillerie. Les gestes doivent être subtils, sans grande amplitude, et il faut éviter le contact direct avec le gland : on passe par le capuchon », précise Gérard Leleu.

« La régularité est essentielle : s’arrêter brusquement peut être très frustrant. L’homme doit être attentif aux réactions de la femme, à ses frémissements et à sa respiration. Et une fois l’orgasme atteint, il faut s’arrêter, sinon la stimulation devient douloureuse ».

Explorez le point C

Pourquoi ne pas encourager votre partenaire à pratiquer le cunnilingus ? Pour Gérard Leleu, « le baiser vulvaire, avec des mouvements délicats de la langue, est l’un des chemins les plus raffinés vers l’orgasme ».

La stimulation vaginale est également à explorer, avec les doigts ou un objet. « À condition d’être en confiance, cette caresse procure souvent plus de plaisir que la pénétration, car les muqueuses vaginales sont une véritable carte érotique ».

Le sexologue dévoile alors l’existence du point C, situé dans le cul-de-sac postérieur, derrière le col de l’utérus. « Le massage du col peut provoquer des sensations extrêmement intenses ». Seul bémol : il est presque impossible à atteindre seule, le col se trouvant à environ 6 à 7 cm de l’entrée du vagin.

Redécouvrez le point G

Le point G existe-t-il réellement ? Gérard Leleu en est convaincu : « oui, il existe, mais il peut être endormi et sa sensibilité varie d’une femme à l’autre ».

Pour le localiser : « il se trouve sur la paroi antérieure du vagin, côté vessie, à environ 4 cm de l’entrée. Au toucher, la zone présente des reliefs, un peu comme le sable après le retrait de la mer ». Une stimulation appuyée peut provoquer une envie d’uriner : « c’est un signe caractéristique que l’on est au bon endroit ».

Réussir la fellation sans pression

Aucune obligation en matière de fellation. Mais si vous souhaitez expérimenter le « baiser pénien », Gérard Leleu recommande de mêler technique et spontanéité. « Faites confiance à votre instinct, oubliez vos peurs et vos automatismes. Une fellation n’est pas faite pour provoquer l’éjaculation, mais pour offrir du plaisir ».

Côté pratique, adoptez une position confortable, par exemple à genoux entre les jambes de votre partenaire. Commencez par caresser son ventre, son pubis et l’intérieur de ses cuisses, puis son sexe avec les mains et la bouche. Enfin, « combinez le mouvement des lèvres autour du gland avec celui d’une main à la base du pénis ».

Choisissez les positions qui vous conviennent

« Seules trois femmes sur dix accèdent à l’orgasme vaginal, c’est dramatique ! », s’indigne Gérard Leleu. Il invite les hommes à ralentir et à abandonner « l’amour expéditif ». « La maîtrise de l’éjaculation est essentielle ».

Certaines positions favorisent davantage le plaisir féminin. Le missionnaire classique limite les mouvements : « la femme ne peut pas participer ». Préférez le missionnaire revisité : l’homme à genoux, la femme sur le dos avec un coussin sous le bassin, les jambes repliées. Cette posture facilite la stimulation profonde et clitoridienne.

La levrette, renommée « position de la lionne », permet une pénétration intense et un contact avec le point G si le dos est droit. L’accès au clitoris est également plus simple, pour les deux partenaires.

Enfin, pour celles qui aiment mener la danse, la position d’Andromaque est idéale : la femme au-dessus contrôle le rythme, peut se caresser, tandis que l’homme profite du spectacle et stimule sa poitrine.

Savoir réagir face à une panne

La peur de la panne est une grande source d’angoisse chez les hommes. Pourtant, selon Gérard Leleu, les femmes ne savent pas toujours comment réagir. « Elles pensent souvent que c’est de leur faute, alors que la difficulté vient de lui ».

La priorité est donc de rassurer : « cela arrive”, “ce n’est pas grave”, “ce sera mieux une prochaine fois” ». Se moquer ou dramatiser peut laisser une blessure durable.

Le sexologue suggère ensuite de revenir à des gestes excitants : une caresse, une fellation si l’envie est là, ou une pénétration en Andromaque. « Avec un vagin bien détendu et lubrifié, même une érection incomplète peut suffire à relancer le désir et la vigueur ».

Je m'appelle Claire,

Et si ce texte peut éviter à une femme de douter d'elle, ou aider un couple à retrouver quelque chose de simple et vivant…

Alors j'aurai eu raison de l'écrire.

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